
D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé tout lire, ou presque.
Romans, recueils de nouvelles, quotidiens et hebdos politiques, magazines divers et variés, presse sportive, comics, bandes dessinées en tous genres, cartes postales, notices d’utilisation, menus, posologies, notes de service, étiquettes textiles, procès-verbaux de contravention, encyclopédies, dictionnaires, annuaires.
Je lis tout.
Tout au plus, puis-je concéder une véritable aversion à l’égard de la poésie, ainsi que pour les ouvrages religieux, mais dans l’ensemble, je lis tout.
Pourquoi pas la poésie, hein ?
Je ne sais pas.
Peut-être que les rimes ne m’émeuvent-elles pas. Ou que l’intérêt et la beauté présumées des poèmes m’échappent.
Je ne sais pas.
Bon, si je creuse un chouilla pour trouver une vraie raison, je dirais que, de mon point de vue, la poésie, c’est fourbe.
Alors, pas fourbe comme le gars qui sait très bien que la balle a frôlé (donc touché) la grille.
Non, plutôt fourbe dans le sens où si tu fais pas semblant d’avoir tout compris dans tel ou tel poème, tu passes pour un con.
Je me souviens avoir englouti les Fleurs du mal de Baudelaire lors de mes années lycée. Effectivement, j’avais eu mal. À la tête. Beaucoup.
À la limite, et ce n’est pas anodin s’il s’agit du seul poème dont je me souvienne spontanément, le Dormeur du Val de Rimbaud pourrait représenter l’exception qui confirme la règle.
J’aime bien ce texte, et je ne dis pas cela uniquement pour éviter de me mettre la communauté des poètes à dos (d’autant que des poètes, sur ce blog, il n’y en aura pas des masses à mon avis : Jul, Chocapik, Dark Vador, tout au plus, ils se compteront sur les doigts d’une main de paresseux).
Le Dormeur du Val. Un soldat qui meurt au pied d’un arbre. Simple à piger.
Mes lectures préférées, c’est quand ça saigne.
Fuck la poésie.



Bon, et pourquoi pas les ouvrages religieux, pour le coup, hein ?
Ma réponse : si je n’apprécie pas la poésie, je ne vois pas bien comment je pourrais m’intéresser aux fables.
De là à considérer que tous les religieux sont des poètes ?
Non, évidemment.
Cette considération constituerait un blasphème envers tous les raccourcis faciles.
Et moi, les raccourcis, je les protège, même quand ils sont pourris comme les chemins des couleuvres et de Saint-Roch, qui relient le Mas Guerido et Cabestany au Vatican.
Ceux-là, de raccourcis, je les bichonne. Bientôt, j’y réparerai les nids de poule moi-même.
Je m’égare.

Bref, les seules bibles qui m’intéressent, je vous le dis, sont l’Equipe et le Midol.
S’y trouvent de vraies histoires de miracles (OM 93), de crucifixions (Séville 82) et de résurrections (USAP 2009).
Des récits documentés, émouvants, avec preuves à l’appui, photos et témoins. Des dossiers de fonds, élargissant notre compréhension d’une thématique ou d’un évènement. Des enquêtes pouvant déboucher sur des poursuites, ou au moins dénonçant des pratiques.
Tout comme dans l’Indèp, en fait.
Je plaisante.
Surtout, n’allez pas croire que je me moque du journal préféré des Cataglands.
Je ne me permettrais pas.
C’est encore dans l’Indèp que mes enfants feront publier mon avis de décès.
Mais quand même…
Analysons une Une récente.

- Le titre : « Un temple du padel panoramique ».
Comment m’expliquer sans que transpire un quelconque soupçon de chipotage…
Disons que « Un temple du padel » suffisait.
Parce qu’un court ou une piste de padel panoramique, je connais, vous connaissez, c’est un court ou une piste de padel qui ne souffre d’aucun poteau soutenant les vitres.
Mais le padel panoramique, désolé mais je connais pas. Le padel, c’est le padel.
Ou alors, distinguons le padel moderne, qui permet aux spectateurs de voir les matchs de derrière, à travers les vitres, et qui, de fait, est panoramique…du padel ancien, qui autorisait l’appui des spectateurs contre le mur de fonds de court d’un côté, et le défonçage de raquettes par les joueurs, de l’autre.
Dire « le padel panoramique », à mon sens, c’est comme dire « le rugby de l’ovalie ». C’est, au mieux, bizarre à l’oreille.
Le titre me dérange un poil, donc, mais admettons, je chipote. Passons. - La légende de la photo : « Les cours de Via Padel proposent une vision à 360°. »
Première remarque : un court de padel s’écrit avec un « t » à la fin.
Sinon il s’agit d’une leçon, comprenez un cours de padel enseigné de main de maître par Alexandre Vendrell, par exemple. C’est pas grave, tout le monde n’a pas vécu avec Bescherelle, on s’en fout.
Deuxième remarque : « ….proposent une vision à 360°« .
Super, Michel ! Heureusement, j’ai envie de dire ! Parce qu’on aurait été bien emmerdés avec une vision à 90° ! T’imagines, un complexe high tech de folie, où tu ne peux voir que le gars de droite coté buvette ?
Oui, la moindre des choses quand tu as autant de briques à ta disposition, c’est d’offrir la possibilité aux spectateurs de voir les matchs de tous les côtés.
Mais dans l’ensemble, en faire un argument de vente majeur, en 2025, ça me parait pas transcendant.
Je pense que, partout dans le monde, suivant qu’on a du bide ou pas, on peut voir les matchs de tous les côtés.
C’est un avis personnel que je me partage avec d’autant plus de facilités qu’à Can Padel, alors même qu’Olivier Delrue devait rester coincé derrière le court « Maisons France Confort » en allant récupérer une balle, ils ne se sont jamais vantés d’être panoramiques.
Et pourtant, il voyait super bien le match, Olivier.
Bref, tout ça pour dire qu’il m’aurait paru judicieux, dans cet article, de mettre en avant la qualité de l’éclairage (« Un temple du padel lumineux ») de la moquette (« Un temple du padel mou ») ou de la bière (« Un temple du padel alcoolique »).
À ce stade de l’analyse, le faisceau d’indices me fait déjà penser que l’auteur de l’article connait aussi bien le padel que moi la vitesse de croisière d’un albatros.
Et c’est le début du corps de l’article qui achève le travail, m’emportant dans un monde parallèle, là où les oiseaux rient et les écureuils chantent. - Le début de l’article : « …le nouveau complexe de David Matéo place Rivesaltes sur la carte mondiale du padel. »
Opération génance !!!!! La carte mondiale du padel !!! Rivesaaaaaaaaltes !!! Vite, faites péter un atlas !!!! Je veux m’installer dans une vigne de muscat, pas loin !!! Cours panoramiques à 360° de la vision parfaite de tous les côtés, que même depuis les chiottes on voit parfaitemeeeeeeent !!!! Au secours !!!!
Fin de l’analyse.
Et merci l’Indèp pour tout ce que vous faites pour le padel, le copinage, la pleine mesure, l’exhaustivité, et le crépi.
Revenons à nos moutons.
Au fil du temps qui passe (attention, vous aurez droit à votre lot de formules toutes faites, n’est pas Balzac qui veut, l’important étant le contenu et pas le style, etc, etc…), au fil du temps qui passe, donc, j’ai éprouvé le besoin d’écrire.
Alors, pas écrire en copie-collant une vieille citation chinoise ringarde et pathétique, non, ni encore moins écrire en dégueulant une punchline ridicule et présomptueuse.
Je veux dire écrire pour de vrai, en pesant mes mots, en cherchant des références qui, peut-être, ne seront saisies que par une poignée de personnes, parfois même par une seule ! Je veux dire écrire pour oublier la merde et l’ennui qui m’entourent.
C’est arrivé sur le tard, je dirais vers le milieu de la trentaine, cette envie, ce besoin d’expulser mes maux par les mots, de confier aux autres ce qui me noue les tripes et me révolte, de partager ce qui me passionne ou me dégoûte, et de raconter des histoires.
Récits de tournois de poker, blog, chapitres de roman, autobiographies, fictions et autres petites nouvelles, je me suis fait la main doucement, en essayant d’acquérir un style personnel dépourvu de langue de bois, mélange d’auto-dérision, de second degré, et de franchise.
L’écriture étant une arme à manier avec précaution, il me fallait pouvoir l’utiliser dans un stand de tir adapté. D’où la création de cet espace libre comme l’air de Saleilles au-dessus du court vert.
Sur ce blog, on va se faire plaisir, nos chroniqueurs et moi.
Il y aura un peu de tout à lire, et surtout n’importe quoi : portraits, éditos, billets d’humeur, interviews, compte-rendus, histoires vraies ou fausses, points de règlements, bilans et états des lieux…
Et si le panel de sujets couverts sera sans doute amené à s’élargir en fonction de l’actualité, le fil conducteur et le dénominateur commun resteront, du moins dans un premier temps, le padel catalan.
Voilà, on espère que vous prendrez autant de plaisir à nous lire que nous en avons à écrire.
A défaut, ce serait déjà chouette que ce blog vous apporte des informations et des points de vue que vous ne trouverez nulle part ailleurs.
Si on peut servir à quelque chose…
A bientôt.
Hervé Leblog.

Si vous avez un truc sympa à dire, merci. Sinon, faites le 17 !